Sortie officielle du CD "La Cuvée du Cigalier GASTON COUTÉ", au Moulin de la Vapeur (rue Marcel Belot Olivet 45160) : le 6 Octobre 2005 à 20h30 avec Claude Antonini ( chant guitare), Thierry Brossard (guitare), Jean Foulon (guitare) Bernard Gainier (Voix), François Gerbel (Basse acoustique) Michel Monié (accordéon), Vincent Viala (Piano) avec quelques bonus concoctés par le Trio Mélodies Louches et le P'tit Crème!

"LA CUVEE DU CIGALIER" GASTON COUTE (1880-1911)

On a coutume de représenter Gaston Couté en « poète paysan », c'est un raccourci facile. Il n'est  sans doute pas plus paysan que vigneron, il n'a pas davantage touché au manchon de la charrue qu'au sécateur ! Mais il a su peindre avec talent les gens de la campagne, les petits comme les gros, les pauvres et les puissants, les gens de la moisson comme ceux de la vendange.

Cependant, à la lecture de son oeuvre, on a le sentiment que, sur son chemin de traîneux, la vigne et le vin l'accompagnent de bien plus près que la terre et le blé. A la rudesse des mangeux d'terre , Couté préfèrera souvent la chimère des amis de la vigne. Pour lutter contre la faim qui le taraude, il privilégiera le jus de la treille : le blé reste pour lui synonyme de cupidité et d'avarice, de « l'avoir » qu'on ne partage pas, alors que le vin saura lui couper la soif, lui permettra de voir la vie meilleure, lui fera croire au « partage » sans lendemain et lui donnera l'illusion d'être à sa place dans une époque pas aussi belle qu'on le dit.

Avec le vin, il essaiera vainement d'aphysquer ses idé's rouges, ses idé's roug's et nouer's qui bougent dans sa caboch' de gueux et d' fou, de vouer tout en rose et crouer qu' si 'l a mal vu les choses c'est p'têt' pas qu'il était pas saoul. Le vin sera le symbole de la fête, qui permet l'espace d'une cuite d'effacer la réalité. Et s'il reconnaît qu'il n'a pas l' drouet au pain, il réclame le drouet à la chimère, "la chimèr' douc' des saoulés d'vin".

Tout au long de son bref parcours, le thème du vin et de la vigne ne le lâchera pas et, même dans la dernière année de sa vie, quand il confiera à la Guerre Sociale sa chanson d'actualité hebdomadaire, il mettra en scène la révolte des vignerons marnais de 1911, révolte des petits vignerons affamés par le négoce et les gros manipulants qui importent du vin du sud pour fabriquer le champagne : des maisons de champagne seront mises à sac dans la vallée de la Marne, des vignes seront brûlées et l'armée interviendra à Épernay et dans ses environs. Couté en fera plusieurs textes d'actualité, dont le beau et violent « Ces choses-là » : Au sac des celliers la foule s'acharne / Brisant les bouteill's, crevant les tonneaux ; / Les ruisseaux débord'nt de flots de champagne / Et les vign's avec leurs grands échalas / Sont comm' des bûchers au coeur des campagnes…

Couté a disparu depuis bientôt un siècle et pourtant. à Meung sur Loire, là où il a grandi, pousse encore une vigne, la dernière du coin. Et cette vigne donne un petit gris meunier dont la principale qualité est de mettre des moigneaux dans les coeurs. Celui qui la soigne, c'est Bernard Gainier, un gars qui, d'après ce que certains racontent, dit Couté « comme un prince ». Mais c'est faux, Bernard Gainier, comme le rappelle Jacques Lambour, ne dit pas Couté, il « parle Couté ». Car le Couté est une langue qui se parle avec le coeur, qu'on apprend avec le coeur et qu'on comprend à Montmartre comme sur le bord des Mauves. Suffit d'avoir du cour.

Et dans l'entourage de ce vigneron peu commun se trouve une dame, la « Grande Claude », comme il dit, la « mal tournée », comme elle dit. Cette dame, qui depuis toujours met en musique et interprète les poètes « pas assez connus », c'est Claude Antonini. De sa voix grave, chaude et rebelle, elle en a chanté des inconnus, elle en a déniché des poésies rares, après Paol Keineg , Jean Dieudonné Garçon ,sans oublier Armand Olivennes, toujours en recherche, elle rencontre au cabaret du Pétrin, Vania Adriensens, apportant dans ses valises parisiennes sa passion pour Gaston Couté . C'est alors qu' a commencé pour elle une saga qui n'est pas près de se tarir avec cette « Cuvée du Cigalier »,

elle revient encore à Couté. Divorce impossible !

Pour accompagner ces deux-là, des musiciens, des amis, des compagnons de chemin escarpé, Thierry Brossard et Vincent Viala, deux louches mélodistes, Jean Foulon, François Gerbel et Michel Monié, trois p'tits crèmes un peu blueseux ! Ils savent mettre sur les mots de Couté les notes qu'il faut, ils savent faire vivre la musique déjà présente dans les textes du poète, ils savent mettre leur swing, leur rythme et leur talent au service de son ouvre.

Bref, cette « Cuvée du Cigalier » a su prendre le soleil de l'été et s'annonce des meilleures. A consommer sans modération. C.L. Juillet 2005.

Pour obtenir le CD s'adresser à la Compagnie d´Ariane (21 rue Aignan-Thomas Desfriches 45000 Orléans 02 38 86 66 91 et http://www.compagniedariane.com le courriel suivant : (ariane@compagniedariane.com)

Claude Antonini accompagnée par François GERBER à la rencontre deBridoré en juin 2005 (Photo Robinfp)

Vous avez dit : "Cigalier" ?

" Sur l'initiative de Jules-Marie Simon, Jean Gay, Guyot et Emile Georges, un petit cénacle s'était constitué à Orléans, à l'enseigne des "Cigaliers du Mont-Martoy". Il tenait ses assises dans un salon du Café de la Bourse sur la place du Martroi. Le doyen des membres de cette aimable société, Paul Besnard, grand bourgeois de la Cité, lequel avait son hôtel rue Saint-Anne, s'occupait avec toute sa ferveur d'artiste à découvrir les talents et à les grouper(.....) Invité à donner à un auditoire particulièrement compétent et attentif la primeur de ses oeuvres, le jeune Couté récita un court poème, un peu réaliste, intitulé "Les Cariatides de la Rotonde" qui débute par ces vers :

"Je suis la môme aux gros tétons

Qui fait péter tous les boutons de son corsage......"

22 Avril 1898 : Pour la première fois, Gaston Couté interprète quelques-unes de ses oeuvres en public. Préparé par la Société des Amis des Arts d'Orléans, le programme annonce: ...Que les Poètes et Chansonniers du Mont-Martroy, Jules- Marie Simon, Gaston Couté, R.M.Lefevre et Jean Gay se feront entendre dans leurs oeuvres inédites".

Gaston Couté apparaît quatre fois sur la scène, immédiatement après la présenttion du spectacle, il récite "la dernière bouteille", R.M. Lefévre lui succède avec ""le Poète et le mendiant", pièce dont Couté interprète aussitôt une parodie dont le texte n'a pas été retrouvé; puis il déclame Le "Deuil du Moulin" (qui est particulièrement applaudi) et, en fin de soirée, après un passage de J-Marie Simon ce sera l'audition de Rédemption...(....)

Plus tard, Paul Besnard aurait déclaré à une autre réunion des Cigaliers: "Gaston Couté est notre maître à tous"

(Gaston Coutant/René Ringeas "Gaston Couté l'enfant perdu de la révolte" - 1966 Ed du Vieux Saint-Ouen)

On retrouvera chez les disquaires quelques unes des interprétations de Claude ANTONINI incluses dans l'anthologie"POÈTES ET CHANSONS" EPM parue en avril 2008.

cdepmcouté