Les vendanges à Aunay, c'est

Vendredi après midi et samedi, c'était jours de fête au hameau d'Aunay et plus particulièrement chez le << conteux de Gaston Coûté>> Bernard Gainier, qui avait choisi, ces deux jours pour vendanger ses vingt cinq ares de gris meunier.

Amis, collègues et nostalgiques, tous se sont retrouvés tellement nombreux  dans la vigne du <<gars qu'a failli mal tourné>>. que la coupe des raisins, pourtant abondants, a été terminée bien plutôt que prévu; Au grand désespoir de ceux qui sont arrivés après la bataille, <<n'es ce pas monsieur le président >>.

Mais les vendanges ne sont  terminées que lorsque le moue a été foulé et que la cuve a reçu son couvercle, une opération qui se termine souvent fort tard. Chez Bernard Gainier encore plus qu'ailleurs, car le travail est fréquemment interrompu par l'arrivée d'un visiteur. L’ inévitable descente <<au bureau>> qui s'en suit et qui permet à notre conteux d'égrèner quelques uns de ses poèmes préférés, pendant que ses invités, en l'écoutant religieusement, se délecte d’un p'tit vin, mais qui s'laiss boère peut durer longtemps. 

Une tradition, une fête,  mais pour combien de temps encore? 

Le  manuel du cultivateur, dans la rubrique << le vignoble de l'Orléanais>> publié en 1770, nous apprend  que la culture de la vigne est dans <<l' Orléanois >> est une des branches les plus importante de l'agriculture, par l'étendue de son vignoble et la qualité de ses vins. Au fil des automnes, s'enchaînent les vendanges, le Gris-meunier rassemble d'ardent défenseurs, telques: Alexandre Dumas, et Jules Lemaitre, qui rimaillera même: Le petit vin de chez nous Est chose légère. J'en avale de grands coups. Il ne me grise guère; Il me fait, quand  je le bois, Le coeur et l'esprit plus droit. Jusqu'à la fin du 19e siècle, la vigne reste la culture primordiale de l'Orléanais. Mais le vignoble vit ses dernières belles années, il périclite en même temps que la marine de Loire qui assurait sa rentabilité. La faillite des entreprises fluviales entraîne l'abandon des

caves creusées dans le roc des bords de Loire, caves qui sont, pour certaines encore visibles entre saint Ay et Meung. La concurrence du Midi et les maladies <<le phylloxera et le mildiou>> s'en mêlent, Le déclin du vignoble est irréversible. Pourtant en 1991, les viticulteurs champenois, à court de raisin, viennent dans l'Orléanais pour s’approvisionner en Pinot -Chardonnay. Les cépages ligériens, champagnisés donnent le meilleur résultat. En 1964, le remembrement a sonné le glas du vignoble sur les coteaux pourtant bien exposés et dont le sol  convenait parfaitement à sa culture. Si le remembrement à été une des causes de la disparition  des vignes au nord de la Loire, à contrario, il a permis l'implantation du gris-meunier au sud, sur les communes de Mareaux aux près, Mézières les Clèry et Cléry saint André. 

Enfin quand le vin est tiré, il faut bien le boire… avec modération !.

Roger SOULAS

Samedi, entre Mauves et Loire

 L'une des dernière vigne

 Entre Meung et saint