L'association réalise l'organisation de cueillette de champignons en forêt avec aide à l'identification et cueillette conviviale par petits groupes. En 2007, une sortie a été organisée le 27 octobre avec un groupe d'une quinzaine d'adhérents munis de leurs paniers (un pour les comestibles, un autre pour les espèces redoutées…). La journée s'est terminée par un diaporama permettant de tirer les enseignements de la cueillette et par un repas très apprécié. Idem, le 11 octobre 2008 (voir ci-dessous)

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Doriane Lapiere, instigatricedes sorties

Bois mort, forêt vivante !

Pique-nique à la croisée des chemins

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Jeunes armillaires couleur de miel

Thalle d'Armillaires

Les bolets - Photos C. PISASALE

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Curiosité : le Satyre puant…

 

 

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25 08 2008 Repérage à Coye la forêt… Alan PUTOUD

Départ Saint-Denis 10h12 changement à Viliers le Bel - Temps instable sur les quais. et dans les compartiments, une heure environ de trajet pour être en "pleine nature" Presque un luxe pour une banlieue "Nord" !…

Connaissant les horaires, je m'arrange pour limiter l'attente…

Mon empressement est toujours grand de retrouver cette immersion régulière et salutaire…

Il n' y a qu'un long couloir à franchir… Un déroulé de rails parsemé de cités-dortoir, de jardins ouvriers, d'usines désaffectées, de casses de voitures, d'entrepôt de ferrailles diverses, de Roms mal lotis, de pavillons des plus variés aux cabanes à lapins… Puis, ce sont les premières cultures (blé, maïs, soja…), quelques vergers, des maraîchages et des zones abandonnées aux ronces et à l'acacia et au budleia…

Garges, Goussainville où les avions prennent leur envol, Louvres, les Bornes blanches (station désertée par l'administration ; pas de de personnel et beaucoup de vandalisme)…

Orry la Ville et Coye enfin… Je n'irai pas au-delà, Creil ne m'attire pas…

Pendant le trajet, j'ai fait quelques repérages sur carte, les Arbres entrelacés, le Chêne Sylvie, le Pain de sucre, la Sauvageonne, Route de la pierre tournante, Poteau des Ecouteurs, Fontaine aux Verres, Sec… Juste pour situer un peu les choses…

La direction vague au départ, obéit plus à une impulsion immédiate qu'à un périple orchestré ... J'opte pour le fond de la vallée (La charmée)…

C'est une bonne idée, passé huit cent mètres environ, je m'enfourne dans les fougères ennoyant les jeunes bouleaux… Progression difficile à cause des ronciers surtout… Et je débusque trois magnifiques chevreuils qui ne se font pas prier pour déguerpir… C'est le seul gibier que je verrais aujourd'hui…

Première trace de champignons (anciennes et jeunes pousses confondues)… Ce sont des bolets peu sympathiques et déconséillés gastronomiquement parlant !… Quelques pas plus loin des anamites rougissantes (Dites "golmottes" dans l'appelation populaire et commune) fraîchement venues en ce monde, commestibles (mais en faisant bien cuire et en jetant l'eau de cuisson) ... Quelques russules par ici et par là, sans intérêt…

Voici de quoi faire l'omelette : ce sont des bolets bais et des bolets rudes de cette nuit ou de la nuit d'avant (les insectes n'ont pas encore fait leur apparition)…

Comme à l'accoutumée, je visite les bouleaux morts et prélève les écorces de ceux-ci après une sévère sélection de formes et de coloris… Ce n'est pas comme dépecer une baleine, ni même tout autre animal, mais l'exercice est éreintant car cela ne se fait pas sans effort ni difficulté que de faire la "peau" des arbres défunts !…

Il Y a de quoi prendre une bonne suée ! J'ai heureusement une provision d'eau pour étancher ma soif de trappeur quelque peu singulier…

En chemin, je ferais la rencontre de quelques limaces de couleur carotte, de bouviers à l'oeuvre parmi les déjections animales, de jeunes busards en train de se courser dans le sous-bois, de taons très agressifs, de papillons fôlatres et de quelques humains essoufflés…

Affouiller du regard la litière d'humus demande une bonne acuité… En fin de parcours l'oeil fatigue et certaines feuilles jaunies entraînent,à distance, des confusions certaines…

En fonction de l'habitat, des biotopes en présence, de l'humidité ambiante, des accidents du terrain, du regroupement de certaines essences, de l'orientation de la pente, de la présence de ronces, de lierres, d'herbes hautes, des travaux forestiers réalisés, du passage ou n on des sangliers "buldozer", bref du cumul ou non de nombre de critères d'appréciation, tel ou tel champignon sera ou non au rendez-vous!… (Sans compter sur l'importance des facteurs climatologiques et, plus particulièrement, de ceux qui engendrent des "chocs" rapides et importants entre chaleur et humidité (Gros orage d'été, par exemple)…

La journée se d6roule sans que le temps ne pèse ni ne soit compté… Seul l'état de luminosité compte.

Occupé sans cesse du regard, des bras et des mains, écorçant de cueillant· le dîner du soir, je ne prends pas le temps de penser… C'est là une grande économie… Le cerveau se repose véritablement !… (Si ce n'est peut-être de faire de la musique et de faire danser ou s'atteler à une oeuvre d'art !)…

Une pause de temps à autre pour souffler, se restaurer, couper et les écorces récoltées, prendre quelques photos ou ne pas en prendre, ou les prendre "mentalement" et les stocker pour plus tard… Laisser toute chose glisser sur soi comme je me glisse dans la futaie, les chablis, dans les trouées des laies forestières ...

Homme humant humus…

Terre et eau formant terreau…

Animal, végétal, minéral…

Ombres et lumières

Senteurs et parfums… Ecorces et peau…

Douces et fortes présences en ce sein…

Sens et éveil… Emotion, sensation et mouvance…

Adéquation, affinité, résonance…

Sensualité, connivence…

Vie à l'unisson…

 

Photos sortie champignons organisée par Roudon, le 11 octobre 2008 (Claudine PISASALE).

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La croisée des chemins

Sous-boisen octobre

La flûte de Pan (Gilbert AUBERT)

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Étude avec Robert…

Clématite sauvage

L'homme de l'art… Alan PUTOUD

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Amadouvier

Armillaire couleur de miel en pagaille

Le coprin

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Bivouac sur les grumes

La sieste de Patrick LEMAIRE…

Françoise TOULISSE et Élisabeth DESNOS

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Champignon ou excroissance ?

Seule l'ombre est figurative…

Suffisamment de bolets pour un repas…

À hauteur d'herbe (Françoise TOULISSE dit Spered Koad ; 11/10/2008 ; Coye la Forêt

 

Bleu d'azur. Douce lumière automnale.

Le flamboiement mordoré des hêtres et des chênes illumine la futaie.

Les feuilles d'or, de cuivre et de pourpre se penchent vers la terre encore chaude. Un pic crie, puis frappe de son bec aiguisé le vieux tronc crevassé d'un hêtre.

Un corbeau, dans le souffle léger du vent, traverse l'espace (flèche noire habitée par une force tranquille. )

Une feuille se détache, tourbillonne et se pose, lentement, sur le sol. Message mélancolique de la forêt devenue feu et flamme.

Temps d'équilibre et de joie.

La nature brûle de mille couleurs chaudes avant de revêtir son manteau d hiver où elle sera figée en instants méditatifs teintés de rose et de gris.

La vie animale se fait discrète, chuchotements, bruissements, mouvements furtifs entre les herbes.

La trace de passages de sangliers, (seigneurs des tetTes noires) est présente en tout lieu dans la forêt.

Image visible d'un chevreuil sur le tronc écorcé d'un jeune bouleau.

Cachées, enfouies, prisonnières des ronciers cramoisis et des fougères brunies,

les amanites tue-mouches dévoilent la splendeur écarlate de leur beauté dangereuse et attirante.

Allongée dans l'herbe, l'âme et le corps en paix, je respire le souffle de la forêt. Multiples petits bruits des insectes

Le parfum de la marjolaine desséchée m'environne.

A nouveau, le corbeau se fait entendre. Sa présence, grave et simple, lui donne l'aspect d'un gardien vigilant survolant et surveillant les lieux.

Je suis là, et je regarde l'altière beauté des arbres, la puissance des troncs, l'harmonie de leur feuillage. Tout est si calme sans la présence envahissante et futile de l'homme.

Pourquoi parler, pourquoi bouger? L'immobilité nous fait devenir forêt. Le langage de la forêt se suffit à lui-même.

Il est poésie pure.

L'essentiel du monde est là: essence du ciel, de la terre, du végétal, confondues.

Quand l'homme s'apaise et devient partie intégrante de ce monde, la forêt lui parle et se découvre.

Osmose des mondes vivants mis en correspondance avec l'univers.

Devenons humbles devant les leçons enseignées par le grand livre de la nature.

L'automne est bien là, en ces lieux, dans nos cœurs.