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L'art végétal (Éléments pour un manifeste)

 

Art végétal : mouvement artistique regroupant des artistes prenant fait et cause pour le monde végétal et l’ayant incorporé, d’une manière ou d’une autre, à leur propre démarche. Telle pourrait être la définition d’un mouvement artistique qui, en tout état de causes, correspond bien à une réalité actuelle.Le végétal comme source d’inspiration pour l’artiste.

 

Le végétal comme source d’inspiration pour l’artiste

 

À une époque où l’urbanisation galopante isole l’homme de la nature, à tel point qu’il n’en comprend plus les signes ni le langage, il est des artistes que la magie du végétal ne laisse pas insensibles. En nourrissant leur imaginaire de leurs sensations, ils envisagent la nature comme point de départ de leur pratique artistique.

 

Leur attention se porte sur le règne végétal regardé comme objet de l’art quel que soit sa forme d’expression. L’artiste peut utiliser le végétal comme motif bien sûr, comme support ou comme matériau, voire comme outil…

 

L’univers végétal est encore, pour beaucoup de gens, considéré comme un décor où se jouerait le grand théâtre de la vie… sans que cette toile de fond n’en fasse vraiment partie… Pourtant son intelligence à l’œuvre est bien probablement à l’origine du monde animal qui en dépend pour sa survie.

 

L'Art végétal consiste a révéler le vivant dans cette toile de fond qui semble inanimée …à révéler la certitude de son caractère primordial, de son unicité et de son essence sacrée…

 

Il faut dire que l’univers végétal nécessite qu’on s’y intéresse de près pour en découvrir tout l’intérêt. La compréhension du monde végétal nous donne alors le recul nécessaire pour appréhender la trame de la vie; …en tout premier lieu, grâce à la dilatation du temps que le végétal impose à l’homme; mais aussi grâce au changement de système vital : immobilité, technique de surface, autonomie surtout…

 

L’artiste y trouve l’occasion d’exploiter son exceptionnelle sensibilité au monde environnant…en toute conscience …et qui laisse en lui la subtilité d’une empreinte végétale ré-interprêtée et spécifique.

 

Il n’y a pas de lieu consacré pour exercer l’art végétal. Pas d’autre limite que celle du cerveau de l’artiste… La variété des œuvres produites est à l’image de la bio-diversité. La mise en perspective est particulièrement aisée car il procède d’un lien primordial

 

Il ne s’agit pas de manipuler la nature, mais bien de se laisser pénétrer par elle, de se fondre en elle; renouer avec tout ce qui nous lie aux arbres, aux plantes, aux autres êtres vivants, tous les sens abandonnés aux éléments de la matière. …rejoignant la grande tradition des lettrés chinois, l’artiste disparaît alors dans l’oeuvre qu’il vient de tracer, comme le poète Su Shi : «Lorsque Yüke peignait un bambou, il voyait le bambou et ne se voyait plus. C’est peu dire qu’il ne se voyait plus; comme possédé, il délaissait son propre corps.»

 

La végétal attitude !

 

Il peut être profitable de rappeler le caractère primordial du monde végétal par cet extrait du discours du Chef Seattle de la tribu des Duwamishs (décembre 1854) : «Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même. » En tout premier lieu cette démarche artistique suppose la conscience de l’anthropocentrisme qui contraint l’humain dans la vision qu’il a du monde ; cette tare originelle qui le conduit à tout ramener à lui.

 

L’univers végétal préexiste dans l’évolution et comme tel, est bien le socle indispensable à tout autre développement ultérieur, animal et homme compris. Chaque individu les porte en lui… (Hémoglobine et chlorophylle ne sont-elles pas cousines germaines ? Qui dispensa au préalable l’oxygène?) Et la prise de conscience de ce phénomène (la fibre végétale…) réveille la conscience du lien qui nous unit à l’ensemble du vivant.

 

Le végétal est une drogue. Ses effets tranquillisants ne sont plus à démontrer et tiennent sans doute plus à l’essence du monde végétal qu’à sa couleur… Certes, le vert est, aux dires de Goethe, apaisant…Mais la mode du vert est, avant tout, un phénomène culturel, emblématique de l’écologie; la couleur verte du végétal est, en fait,illusion d’optique !

 

L’antériorité du végétal en fait un expérimentateur hors pair de la forme et de l’adaptation à l’environnement et d’autant qu’il est assigné à résidence… L’artiste confronté à l’univers végétal y trouve largement de quoi générer des émotions et y puiser son inspiration . Quant à la palette des couleurs, elle dépasse tout ce qu’on peut imaginer…

 

Remettre les pieds dans la nature et plus particulièrement évoluer au sein du règne végétal tous les sens en éveil est un exercice des plus salutaires. Une fois là, il vous vient des idées et chacun au moins peut tenter l’expérience, fort d’un savoir-faire artistique, une technique ou une autre ; il suffit alors de se laisser guider… de s’abandonner… de procéder à partir de l'univers végétal.

 

Ainsi l’Art végétal est à la fois un domaine de l’art contemporain et en même temps un art de vivre !. Il y gagne la conscience de l’éphémère qui le place néanmoins en perspective d’éternité… Le devenir planétaire de l’homme est à cette condition.

 

L’art végétal n’apparaît pas «ex nihilo». Il vient à son heure seulement, dans le cours d’une évolution qui à trait à la prise de conscience par l’homme du caractère essentiel et vital de l’univers végétal. L’art végétal correspond à un changement d’échelle dans l’appréhension de l’univers végétal… …

 

Renouer les liens primordiaux, ancestraux, avec le règne du végétal, c’est retrouver un enracinement dans un univers riche de symboles. L’homme n’est plus coupé du monde, ni morcelé, voire écartelé. Il retrouve son «totum » non sans avoir présent à l’esprit qu’il n’est que fragment… mais un fragment unique au monde comme chaque feuille de chaque arbre…

 

Robin FP. 2005

 

LES ARBRES ENLACÉS

Court récit de faits réels et extraordinaires

 

LA FORËT SOUS CLEF

François ROBIN

Récit fait d'impressions et de réflexions au décours d'un voyage dans les forêts primordiales de Biélorussie. Oct 2005.

Haïku en Brocéliande

Poésie en formes brèves selon les principes de la tradition sino-japonaise

Rapport à soi, rapport à la Nature

Alan PUTOUD (2007)

"Un jardin dans le cosmos"

François P. ROBIN

disponible en cliquant ici:

 

"Nous avons perdu les hautes terres et notre errance est infinie"

Michel CAPMAL

Éditions Le chemin brûlé

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